
La Russie envisage un corridor ferroviaire direct vers l'Inde via l'Iran et l'Asie centrale
Le vice-Premier ministre russe Marat Khusnullin a appelé Moscou à examiner la faisabilité d'une liaison ferroviaire terrestre directe vers l'océan Indien, comme alternative aux routes maritimes empruntant deux points de passage de plus en plus contestés : le Bosphore et le détroit d'Ormuz, par lesquels transitent environ un quart du commerce mondial de pétrole et un cinquième des expéditions de GNL.
Dans des déclarations rapportées début août, Khusnullin a indiqué que tout itinéraire aboutissant à terme à l'Inde mériterait d'être envisagé, avec des corridors potentiels traversant le Turkménistan, l'Iran, l'Afghanistan et le Pakistan pour atteindre l'océan Indien et, de là, les ports indiens. Si ce réseau venait à être construit, il offrirait pour la première fois à la Russie et à l'Inde un accès ferroviaire terrestre direct pour le fret, réduisant leur dépendance au transit maritime via des points de passage sensibles.
Cette proposition intervient dans le contexte d'une attention renouvelée portée aux risques pesant sur le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, en raison des tensions régionales impliquant l'Iran, et alors que la Russie et l'Iran font avancer séparément leur coopération sur d'autres corridors ferroviaires dans la région. Il s'agit pour l'instant d'une idée exploratoire plutôt que d'un projet annoncé : aucun tracé n'a été retenu, aucun financement n'a été engagé, et les enjeux géopolitiques sont considérables, compte tenu des relations tendues entre le Pakistan d'une part, et l'Afghanistan et l'Inde d'autre part.
À ce stade, la proposition traduit l'intérêt de Moscou pour de nouveaux corridors de fret terrestre vers l'Asie du Sud, plutôt qu'une perspective de construction à court terme.

