
Poilievre promet d'annuler le projet de train à grande vitesse Toronto-Québec à 90 milliards de dollars
Le chef conservateur Pierre Poilievre a promis d'annuler le projet canadien de train à grande vitesse à 90 milliards de dollars reliant Toronto à Québec, qualifiant cette initiative d'infrastructure de « gouffre financier » lors d'une prise de parole à Peterborough, en Ontario.
Cet engagement crée une incertitude considérable autour de ce qui constituerait le plus grand investissement ferroviaire de l'histoire du Canada. Un gouvernement conservateur suspendrait les processus d'appel d'offres et les travaux de planification déjà en cours, ce qui pourrait affecter les fournisseurs internationaux qui se positionnent pour décrocher des contrats sur ce corridor de 1 000 km. Le projet représente un test décisif pour la viabilité du train à grande vitesse en Amérique du Nord, où seul Brightline a réussi à lancer des services commerciaux à grande vitesse.
Poilievre a critiqué l'impact du projet sur les terres agricoles et la propriété privée, affirmant qu'il « perturberait les communautés et nuirait à la qualité de vie des résidents locaux ». Le chef conservateur a soutenu que les communautés rurales situées le long du tracé proposé en supporteraient les coûts sans bénéficier directement des services. Le budget de 90 milliards de dollars englobe l'acquisition du matériel roulant, la construction de voies, les infrastructures d'électrification et le développement des gares en Ontario et au Québec.
Le corridor Toronto-Québec relierait les deux plus grands centres économiques du Canada en passant par Ottawa et Montréal, desservant un bassin de population de plus de 18 millions d'habitants. Les responsables fédéraux des transports ont étudié diverses options de tracé et configurations de vitesse, avec des vitesses maximales d'exploitation pouvant atteindre 300 km/h sur des voies dédiées. Les phases de planification préliminaires ont examiné aussi bien la construction en site propre que la modernisation des corridors existants de VIA Rail Canada.
Les ambitions canadiennes en matière de train à grande vitesse se heurtent à des vents contraires politiques similaires à ceux du California High-Speed Rail et du HS2 en Grande-Bretagne, où la dérive des coûts et les retards de calendrier ont alimenté une opposition croissante. Le sort du projet dépend désormais des résultats des élections fédérales, les sondages laissant présager une course serrée entre les partis libéral et conservateur. Les fabricants internationaux de matériel roulant, dont Alstom, Siemens et Hitachi, ont suivi de près les opportunités d'entrée sur le marché canadien.

