
Hitachi et Siemens seuls soumissionnaires pour l'appel d'offres Renfe portant sur 30 à 40 rames grande vitesse
L'opérateur national espagnol Renfe n'a reçu que deux offres — de Hitachi Rail et de Siemens Mobility — pour un contrat portant sur 30 à 40 rames grande vitesse homologuées à 350 km/h.
Le resserrement du champ de candidats fait suite à la disqualification du fabricant national Talgo, qui a soumis son dossier après la date limite. Cette exclusion contraint Renfe à choisir entre deux plateformes étrangères pour l'un des plus importants appels d'offres de matériel roulant encore en cours en Europe. Hitachi propose sa plateforme ETR1000, fabriquée dans ses usines de Napoli et de Pistoia en Italie. Siemens a soumis le Velaro Novo, sa dernière déclinaison grande vitesse. Ce marché déterminera quelle plateforme rejoindra la flotte AVE (Alta Velocidad Española) existante de Renfe sur les corridors homologués à 350 km/h.
Renfe a structuré l'appel d'offres sous la forme d'une commande ferme de 30 rames assortie d'une option pour 10 unités supplémentaires, portant le total maximum à 40. Selon des sources sectorielles, la valeur du contrat s'élève à environ 1,36 milliard d'euros pour la commande de base, et pourrait atteindre 1,78 milliard d'euros si Renfe lève la totalité de l'option. Les deux soumissionnaires doivent satisfaire à l'exigence d'exploitation à 350 km/h, qui constitue la norme sur les lignes grande vitesse espagnoles, notamment Madrid–Barcelone et Madrid–Séville. L'ETR1000 de Hitachi — connu sous le nom de Frecciarossa 1000 en service chez Trenitalia en Italie — a démontré sa capacité à cette vitesse, tandis que la famille Velaro de Siemens opère sur plusieurs réseaux européens, dont l'ICE 3 de Deutsche Bahn et le TGV de SNCF.
L'exclusion de Talgo écarte le constructeur espagnol d'un contrat qu'il était pressenti pour briguer. Le fabricant a historiquement fourni à Renfe les flottes grande vitesse Talgo 350 (S-102) et Avril (S-106), mais un manquement aux exigences procédurales a mis fin à sa participation à cette procédure. Ce dépôt tardif constitue un revers pour Talgo, qui approvisionne Renfe en matériel roulant grande vitesse depuis des décennies. L'offre de l'ETR1000 de Hitachi s'appuie sur sa base de production italienne à Napoli et à Pistoia, des installations qui ont fabriqué cette plateforme pour Trenitalia et d'autres opérateurs européens. Siemens s'appuierait vraisemblablement sur son réseau de production Velaro existant pour l'assemblage final.
Cet appel d'offres s'inscrit dans la stratégie de Renfe visant à développer les capacités grande vitesse de son réseau AVE, qui transporte des millions de passagers chaque année sur les corridors reliant Madrid à Barcelone, Séville, Valence et d'autres grandes villes. Ni Hitachi ni Siemens n'ont précisé si un assemblage local ou un transfert de technologie faisait partie de leurs propositions. Le calendrier d'attribution du contrat n'a pas été communiqué, mais les observateurs du secteur s'attendent à ce que Renfe annonce sa décision dans les prochains mois, compte tenu de l'envergure de la commande et de l'état d'avancement de la procédure.

